Pascalimucci
Sketchs
Pascalimucci
Sketchs

Sketch :

Accueil

Je ne vis pas de mes compositions Messieurs Dames, non, je fais des boulots sandwichs. Je suis inscrit dans plusieurs agences et, lorsqu’ils ont besoin de moi, et bien, je suis là.


L’été, voyez vous, je fais beaucoup "souffletier". Je vais chez les Gens Biens, il y en a dans la salle ? J’en vois pas au fond, oh,  j’ai pas pris mes lunettes. Ah si, j’en vois là, devant, au premier rang ! Vous êtes bien assis Messieurs Dames, c’est assez confortable, la place n’a pas été trop chère ! Exusez moi, où en étais-je ? Ah oui ! Voyez vous, chez les gens bien, parfois Monsieur ou Madame, ne supporte pas la climatisation. Et, mettre un gros ventilateur à côté du chauffeur, dans la Rolls ! Ca fait un peu ringard, n’est ce pas ! Alors, je passe derrière. Monsieur est souvent au téléphone, avec des papiers, et moi, je lui procure un peu d’air frais ! ffffffffffffffffff. Si je vois une partie du visage légèrement plus rouge, j'insiste légèrement. Si c’est le nez, il faut faire attention. C’est parfois chronique. Cela pourrait enrhumer Monsieur ! Pour Madame, ça pourrait dévier le lifting. Oh ! J'ai même fait souffletier une fois, dans une station de ski. Au lieu d’insuffler de l’air frais, je soufflais de l’air chaud. C’était une américaine, elle avait toujours froid à la nuque, la pauvre ! Je crois même, qu’elle a déménagé dans le désert de Gobie. Alors, je passais derrière elle, au tire fesse, je mettais bien mes deux pieds sur ses spatules de ski, et hop Chhhhhhhh (je souffle) …. Je l’entends encore. "It’s allright Pascali". "Yes Madam”. Chhhhhhhhhhhhhh (je souffle). Une fois, on est tombé ! J’ai pas trop su que faire. Alors j’ai continué à la souffler par terre. Je vous dis pas, un attroupement s'est fait  ! On m’a dit de tout  : "Mais lâchez là  ! C’est un sadique ! Il faut appeler les flics".


Ah, je fais aussi "tappetier", l’été. Je vais dans  "le beau monde", "chez les gens biens", et là ! Vous savez chez ces gens là, tout ce qui est vaporisateur, insecticide etc, ils n'en veulent pas. Ils sont bios ! Ils mangent bio, ils se vêtissent bio, ils font l’amour bio. Oui, sans blister quoi ! Alors, je passe entre Monsieur, Madame, la Bonne et les enfants et, si je vois un "volant", oui une mouche si vous préférez, et bien je les en débarrasse. Oh, tout est dans le poignet, voyez vous. Il faut regarder l’insecte droit dans les yeux et hop, vous faites un hypercut ressort ! En général, l’animal tombe en arrière, et hop (je fais la gestuelle avec le pied d’écraser l’insecte) sous le " Louis XV " pour la Bonne ! Il faut respecter la hiérarchie ! Une fois, j’étais dans un château à la campagne, chez une famille nombreuse, et en plus ce jour là, ils avaient des invités. Alors j’avais sorti les deux ustensiles (je montre les deux tapettes à mouche) et, je faisais ce que je pouvais. A un moment, Madame a pris la mouche, elle est venue vers moi l’œil noir : "Mais enfin, faites quelque chose contre ses mouches à merde, mon ami". Oui elle a un langage très Bio Cato, Madame. Elle met toujours un petit mot gentil à la fin de chaque phrase, pour vous faire passer la pilule. Euh, pardon ! Ca aussi ils en veulent pas. J'ai répondu : "Bien Madame". Pris un peu au dépourvu, j’ai sorti les fondamentaux (ce sont des "tues mouches" en papier serpentin collant) ! Vous connaissez ! C’est très efficace. J’en ai mis deux devant (sur ma chemise), et deux derrière, et je faisais ce que je pouvais. A un moment, un des serpentins de derrière, a pris le bouffant de Madame (le corsage) ! Alors j’ai voulu rectifier la situation rapidement en me retournant pour l’arracher. Copie coller !!! Oui avec Madame ! Comme si de rien n’était, pour ne pas nous faire remarquer, nous avons évincé un tango. Madame me susurrait des mots doux à l’oreille du style "tu es vraiment un sale con, mon biquet" ou  "tu vas voir ce que tu vas voir, mon bâtard". Oui elle est très bio cato, Madame. Enfin !


Ah  ! Je fais aussi "cure loup". C’est joli "cure loup", n’est ce pas, on dirait un peu "les gens de Mogador " de Jean D’Ormesson. C’est toutes saisons voyez-vous : l’été sur les plages privées et l’hiver en thalassothérapie. Je passe entre les chaises longues et, lorsque j’entends  "nnnffn" (je renifle) ou, plus "ngrrrrrr" (je renifle très fort), j’arrive avec ma petite pince à épiler et j’opte le loulou gênant. Ah oui, ça va de la pince à épiler pour joker ou nain. Je vous parle du "nain-nain", pas d'un gros nain avec un nez rouge, à la pince à épiler pour Sumo, ou plus généralement pour Allemand. En fait, c’est une pince à spaghetti ! (et je ris). C’est pas que le boulot paye bien en lui même, non, mais, c’est après. C’est comme les "pins", ça se monnaye bien sur internet, un loulou. Mais c’est toujours pareil ! Un loulou sec, ça ne vaut rien. Il faut un loulou gras, consistant, vivant. Voilà je cherchais le mot, oui, vivant !!! Alors j’ai ma petite boite en fer blanc, ouaté d’acétone, et hop ! (Je fais le geste de mettre un loulou dedans et de fermer la boite). Mais vous savez, il y a de sacrés loulous chez les hommes politiques ! Ah,  j’oubliais, une anecdote au sujet de souffletier ! Cet été l’agence m’appelle et me dit,  "Il te faut être sans faute demain midi à Saint Tropez ! Les conditions étaient avantageuses : sandwich aller, sandwich retour, payés ! Alors j’ai pas fait la fine bouche. Le lendemain, j’étais à la gare de Saint-Trop à midi pétante. Un chauffeur en livrée m’attendait. Le gars me dit : "C’est vous  Monsieur le souffletier" ? Je lui réponds : "Oui Monsieur". "Alors suivez moi et prenez place". Une Rolls. Je monte devant et au bout d’un moment je lui dis : "Vous ne mettez pas la clim ?" Il me répond : "Je ne la supporte pas". Alors, je l’ai soufflé gratos ! Il en avait besoin, vous savez, je lui ai fait du bien. Arrivé au club, le directeur m’a reçu ! Un homme courtois,  affable. Il m’a expliqué en trois mots ce qu’il fallait que je fasse et, à 14h pétante, j’étais d’attaque. Je ne vous dis pas ! Que des Stars ! Il y avait Mabonna ! Oui, incroyable ! (et là, je fait la mimique de me toucher les précieuses), Michel ! Enfin moi je l’appelle Michel par affection. Michael si vous préférez (idem, mimique sur les joyeuses). Non, ils ne sont pas frère et sœur, mais je crois qu’ils ont mis la main basse sur la zizique ! Il y avait Mitchoun ! Oui, pardon Madame ? Il est mort Mitchoun ? Enfin, un qui lui ressemblait quoi ! Bref que du beau monde ! Vous savez, ces gens là, ils ont dix ans d’avance sur nous et, être bronzé, nu comme un vers et noir comme de l’ébène, ils n'en veulent plus, c’est ringard ! Il faut pas en parler à Michael du bronzage. Non, ce qu’ils veulent eux, c’est avoir la glotte bronzée ! On y viendra, nous, dans dix ans. Quand tu iras au night-club, le videur éclairera avec sa lampe ta glotte. Trop blanc, du balai ! Trop rose, dégages ! Ahhh, bien noir la glotte, vous pouvez rentrer Madame. En fait, la vie c’est toujours pareil, c'est toujours qu’une histoire de couleur ! Ou en étais-je ? Ah oui, les stars étaient sur les chaises longues, à la rage du soleil, en col roulé (j’ouvre grand la bouche). C’était bien organisé, vous savez. Lorsque ça les picotait trop, ils donnaient un coup de clochette. J'arrivai darre darre et pffff je leur procurais un peu d’air frais ! Oh je vous dis pas, il y avait un jeune acteur, je me rappelle plus son nom, il me faisait penser un peu au maire de Paris, ça lui picotait tellement, qu’ il m’a attrapé et ça a fini en bouche à bouche. Berk, quelle ozone !


Qu’est  ce que je fais encore, Messieurs Dames ? Ah oui, je fais "grattier" ! Là, c’est toutes saisons. Avec les problèmes de pollution en tout genre, voyez-vous il y a de plus en plus de gens qui se grattent. Il y a de l’eczéma, du psoriasis, des galles (je me gratte la tête), de la lèpre, bon moi je ne vous cache pas que je la fais pas. Enfin bref, je vais chez les gens biens toujours pareil, les bons partis ! Non Madame, les parties, je ne les fais pas (et je hausse les épaules !). Mais voyez vous, il y a des gens pas bien. L’autre jour, j’étais dans une maison de retraite de luxe. La directrice m'a demandé, pour économiser, de gratter deux résidents avec les pieds, deux avec les mains, et comme si ça suffisait pas, elle m’avait mis un gros tampon Jex dans le dos, pour en gratter un cinquième ! Enfin !!! (et je repars en me tapant une mouche sur la main et, en me grattant le nez, en disant  :  "où ai-je mis ma boîte en fer blanc  ? Vous ne l'avez pas vu Messieurs Dames ?".  


Pascalimucci.

Les boulots sandwichs

Retour Sketchs

Accueil

Retour Sketchs